jeudi 14 mai 2026
Océan du Nord
lundi 11 mai 2026
La saison des pluies à Brazzaville
Retour des pluies à Brazzaville : à quoi s’en tenir ?
Répondant à un cycle naturel, la saison des pluies a succédé à une saison sèche qui semblait ne plus en finir à cause des chaleurs accablantes des après-midi et des fins de soirée. Pourtant, le retour de la pluie a été spectaculaire, presque irréel et s’annonce impitoyable pour la ville de Brazzaville qui ne se sera pas, une fois de plus, préparée à l’accueillir.
Après trois mois de saison sèche, de poussière et de moiteur, disons-le de suffocation, la saison des pluies qui s’annonçait en prodromes par des averses courtes, légères, fines aux impressions tactiles presque imperceptibles a laissé place à un ciel lourd le lundi matin, tellement sombre qu’on a cru que le soleil ne se lèverait pas ce jour-là.
Les écluses des cieux se sont ouvertes aux alentours de 07h15, déployant une pluie énervée, donnant l’impression de s’être trop longtemps retenue et qui avait pour seul objectif d’avaler Brazzaville.
Il a plu comme s’il s’agissait d’un règlement de comptes, il ne s’est même plus agi d’une pluie mais de tout un monde qui a atterri sur les têtes des lève-tôt de Brazzaville, élèves et travailleurs. Il a plu comme si Dieu lui-même voulait éprouver la résistance des os, de la chair et de la peau des Brazzavillois, et comme s’il voulait s’assurer lui-même de la solidité des marques de parapluie.
Au-delà de ce spectacle morsure-à-la-chair, il s’agissait peut-être aussi d’un spectacle mort-à-l’âme car la pluie à Brazzaville n’était malheureusement pas, par négligence, un signe de bénédiction et l’on se souviendra du drame de la saison des pluies dernière qui aura emporté plus d’une âme à Brazzaville.
Aux maux extrêmes s’ajoutent ceux réguliers et récurrents d’une saison de pluie à l’autre qui font que les populations des quartiers comme Casis, Simba pelle, Mayanga ne savent déjà plus depuis lundi à quel saint se vouer, pour un nouveau cycle de maux qui auraient pu être prévenus. Quant aux travaux de la voirie du centre-ville entamés juste à l’orée de la saison des pluies, ne seront-ils pas entravés par l’arrivée de celles-ci ?
La grogne, elle, monte du côté du marché Total où les chauffeurs et contrôleurs de bus pataugent dans une boue qui rend l’accostage des clients délicat, difficile et parfois dangereux à cause du risque des glissades augmentées par les bousculades.
Antoine, chauffeur de bus de 52 ans, déplore l’insalubrité à laquelle nul ne devrait s’accoutumer et qui complique son labeur quotidien : “ Avant de commencer notre service, nous prenons soin de nos véhicules. Mais une fois qu’on arrive au Terminus de Total, tout est à refaire. Le directeur du marché Total, s’il y en a un, ou la mairie de Bacongo devrait vraiment se pencher sur cette situation. Si en une pluie, on a à faire à un tel spectacle, comment va -t-on faire au bout de dix pluies et jusqu’à la fin de la saison? “
samedi 25 avril 2026
Haikus
vendredi 24 avril 2026
Malade
lundi 20 avril 2026
Ma ruelle
5h58 à Brazzaville
Il est actuellement 5h58, nous sommes dimanche matin et je suis réveillé depuis 3h30 du matin. Pourquoi ?
Avant-hier, une scène déjà anormale mais qui m’est devenue banale se présente alors que je rentre de soirée vers minuit : il n’y a plus de courant. C’est le quotidien de millions de personnes à Brazzaville. Mais dans ma rue, nous avons généralement du courant la nuit, ce qui est clairement un flex. La journée en revanche nous avons moins de chance.
Donc avant-hier il n’y a pas d’électricité. Soit. Demain matin je suis garantie d’en avoir, puisque nous avons dans mon immeuble un groupe électrogène qui tourne de 6h à 8h et de 18h à 23h. Mes réserves d’eau sont assez basses, et qui dit pas électricité dit pas de surpresseur donc pas d’eau. Mais puisque j’ai cet approvisionnement en électricité garanti, je ne tiens pas mes réserves très à jour.
Mais le matin venu, pas de courant. Je me lave mes cheveux, mes réserves ne consistent plus qu’à environ 10 L d’eau maintenant. Je me rends compte que j’ai fait une grosse erreur à ne pas avoir pris le besoin de réserves plus au sérieux.
Je discute avec les gardiens, qui me disent que nos réserves de carburant sont à sec et que peut être le carburant sera livré dans la journée.
La journée se passe, je reviens vers 17h et je m’enquiers du carburant. Toujours pas. En cause : la caisse de cotisation de l’immeuble est vide ! Je pense à mon eau. Je peste contre le syndic. Je dois absolument avoir de l’électricité. Je passe plusieurs coups de fils pour rallier une cotisation pour acheter du carburant. Le gardien part à la chasse avec deux bidons de 25 L.
Je sors rejoindre mes amis dans un ngandas, un bar de rue. Il y a du courant dans ce quartier de la ville. Je mets mon téléphone à charger avec une dizaine d’autres personnes à la multiprise du bar. Mes amis Congolais rient en disant « Bienvenue au Congo ! Là c’est la pure expérience Brazzavilloise ! ».
Quand je rentre, je croise le gardien avec les bidons vides. Il y a pénurie. Trop de coupures actuellement, les groupes tournent à fond partout dans la ville.
Il m’apporte un sceau d’eau récupéré dans la résidence d’à côté qui a encore son groupe qui tourne pour que je puisse me doucher et utiliser mes toilettes.
Je me couche dépitée. Je sue à grosses gouttes alors que je ne fais pas le moindre effort. Aucune brise fraiche ne rentre par ma fenêtre ouverte. J’éteins mon téléphone pour conserver sa batterie.
La nuit, je me réveille et je me sens vraiment très bien. Il fait frais. Je dis qu’il a dû pleuvoir pour que la température chute autant. Je me sens si confortable. Puis une lumière verte me fait bondir de joie et de mon lit : la clim est allumée ! Le courant est revenu !
Je saute du lit et me précipite dans ma salle de bain. Je remplis ma grosse réserve d’eau, et un bidon de 10L de super secours. Je mets à charger mes appareils électroniques. Je fais le tour de l’appartement pour éteindre les lumières qui se sont allumées un peu partout. Je vide le bac de récupération de l’eau du congélateur, qui avait eu le temps de complètement dégivrer.
Je me rallonge dans mon lit, il est bientôt 4h.
Je tente de me rendormir.
Je sais que je ne vais pas y parvenir.
(et l’ironie magnifique est que dès que j’ai fermé mon ordinateur, le courant s’est coupé. Et une vague de chaleur n’a pas tardé à me recouvrir lentement)
| Gros réservoir vert + bidon de 10 L + bidon de 6L. Les réserves d'eau sont pleines. La leçon est apprise. |
Premier dimanche à Brazzaville
Ce tout premier dimanche de mon expérience congolaise, j’ai un but en tête : acheter des légumes.
Pour mes premiers jours ici je loge dans la maison d’accueil d’un couvent et école catholique. La maison est très propre et entourée d’un magnifique jardin. Toutes sortes de personnes passent par-là : invités européens de la paroisse, familles en route pour la RDC, des prêtres, etc. Et moi !
| Le jardin chez les sœurs |
Tous les soirs j’entends les sœurs chanter de leurs belles voix.
Dimanche, tout cela prend une nouvelle ampleur : nous sommes jour de messe.
La République du Congo est une nation pieuse. La nation a débuté comme république communiste, mais la religion a toujours été sa boussole. Toutes les connexions sont représentées mais la majoritaire est la chrétienne, avec toutes les déclinaisons possibles.
Je suis réveillée par plusieurs messes simultanées entonnées aux micros des églises environnantes. Et quelle ferveur !
Je croise des hommes qui me demandent si je me rends à la messe. Non, je vais juste prendre mon petit déjeuner. Mon athéisme me rend un peu coupable, alors pour me donner bonne conscience et rester dans les bons papiers de ces bons hommes, je leur dis que je viens d’arriver et que je n’ai pas encore trouvé de paroisse.
Après avoir demandé ma confession, ils me disent que je suis au bon endroit et que je devrais m’adresser aux sœurs. Ils me bénissent par de belles phrases poétiques.
Je m’extirpe de cette discussion. Aujourd’hui mon objectif est d’aller au marché Total. Je veux être autonome en nourriture et ne pas toujours manger à l’extérieur car le service est vraiment très long, et la nourriture bien que très bonne est un peu grasse pour une consommation quotidienne. La veille j’ai essayé de trouver des fruits et légumes au marché de Poto-Poto, mais 1h de déambulation dans les rues bondées n’ont pas suffi pour trouver le quartier de la nourriture ! On m’a bien dit que c’était plus loin au fond, mais plus je m’engouffrais dans les entrailles du marché, plus le chemin du retour s’allongeait. Je continuais d’avancer et j’espérais trouver mon bonheur au coin de la prochaine rue, mais au final j’ai capitulé et suis rentrée bredouille.
Qu’à cela ne tienne, j’irai donc tenter le marché Total. Je dois prendre le taxi pour m’y rendre, mais on m’a dit que là-bas le marché je suis garantie de trouver des aliments. Je fais des recherches et comprends que le marché se trouve dans un bâtiment à étages. Je me rends donc au marché Total, et je découvre qu’en réalité est également gigantesque et s’étend sur tout un quartier tentaculaire, bien au-delà du bâtiment de 2 étages.
L’expérience est très intense. Le sol est très boueux à cause des récentes pluies. On m’appelle de tous les côtés. Ça sent fort le poisson grillé. Je tourne en rond pour trouver tout ce que je veux. Je porte une chaussette de contention avec mes sandales suite à ma grosse entorse, et à chaque coin de rue on me demande pourquoi je ne porte qu’une chaussette. Puis le marché me recrache sur l’avenue goudronnée principale, qui est aussi le point névralgique du réseau de bus de Brazzaville.
Je hèle un taxi et rentre chez moi épuisée et absolument trempée, mais contente de bientôt pouvoir manger de petites salades.
| L'extérieur de marché Total, le long de l'avenue |
Ariane au Congo ! Le départ
Après 12 ans d'absence, il est temps de faire revivre ce blog pour vous partager mes aventures au Congo.
Une expérience radicalement différente sous absolument toutes ses formes. Et une envie de pouvoir me plonger, dans le futur, dans mes écrits congolais avec le même plaisir que je prends avec mes récits singapouriens.
| Ici la toute première photo que j'ai prise à mon arrivée. Ce panneau a depuis été remplacé par un panneau numérique bien plus petit et beaucoup moins sympa. Dommage. |
Au moment où j'écris ces lignes ça fait plus de deux mois que je suis installée. J'ai bien pris mes marques.
En février, quelle tristesse au moment de mon départ !
Je sais que c’est mon choix, que personne ne m’a forcée, mais ça ne m’a pas empêchée de ressentir une vague de tristesse, de regret et de nostalgie.
Je savais que je allais vers l’aventure, la découverte, que mon âme va être nourrie de milliers de nouvelles sensations. Mais je savais aussi ce que je laisse derrière moi : un amoureux génial, une vie confortable proche des miens, dans une bourgade paisible et agréable. En somme une existante plutôt enviable.
Alors pourquoi avoir voulu la laisser derrière ? Cette opportunité est arrivée à un grand moment de remise en question professionnelle, et me permettra, je l'espère, de me rapprocher sur le chemin qui me ressemble.
| "La vie appartient aux courageux" |
dimanche 19 avril 2026
2 mois de voyage !
Je n'ai pas fait d'article sur mon blog pour expliquer ce que j'allais faire une fois partie de Singapour. J'ai reçu des questions d'amis qui me demandent, me voyant poster des photos régulièrement sur facebook : " Mais t'es où là ? Tu vis où ? Tu reviens pas ? ".
Réponse :
J'ai décidé de ne pas rentrer tout de suite en France et de rester en Asie pour voyager. Ce qui veut dire que j'ai aussi mis mes études en pause. Je me suis tout simplement rendu compte que le moment et l'endroit étaient parfaits pour que j'entreprène un long voyage : j'étais déjà en Asie, et la période entre la licence et le master est, selon moi, la meilleure pour se lancer une (des?) année(s) sabbatique(s).
Donc me voilà, avec mon sac à dos sur le dos et tout un tas d'affaires en dépôt à Singapour !
Pour vous faire un petit résumé des deux mois qui se sont déjà écoulé :
Je suis partie le 15 mai à Kuching, capitale de l'Etat malaysien de Sarawak, sur le Bornéo malaysien. J'y ai passé une merveilleuse semaine à visiter des parcs nationaux (Kubah et sa magnifique cascade, Bako et tous ses animaux, Kampung Temurang et sa rafflésia !), à aller à la plage, à rendre visite à des orang outans et leurs bébés, à me ballader dans cette charmante petite ville qui offre tant, et à manger !
Puis, je suis partie 3 jours au parc national de Mulu, au nord du Sarawak. Au programme, trois jours de découverte de la jungle, de visites d'immenses grottes (parmi les plus grandes du monde !), de photos des petites bestioles que je croisais, mais aussi de karaoké et de baignades dans des rivières délicieusement faiches. J'ai eu la chance de rencontrer une Américaine et une Australienne passionnées de biologie avec qui j'ai passé ces 3 jours, qui m'ont expliqué des tas de choses sur les arbres et insectes qu'on croisait. C'était vraiment génial !
A Mulu, j'ai rencontré Rick, un jeune Malaysien. Comme je me dirigeai vers Bintulu et que sa famille habite là bas, il a décidé de m'accompagner. J'ai été invitée par sa gentille famille. Ils ne parlaient pas anglais, mais nous avons quand même passé un bon moment. A la demande de Rick, j'ai cuisiné des spaghetti, puis on m'a déguisée dans l'habit traditionnel de leur tribu, les Kayans.
Le lendemain, j'ai retrouvé Shun, que j'avais rencontré dans ma guesthouse à Kuching, et nous nous sommes dirigés à l'intérieur des terres, vers Sungai Asap, où vivent les tribus Kayans. A Borneo, les tribus vivent dans des "longhouses" : une longue maison est séparée en unités (à étage !) où les différentes familles vivent. Nous étions dans la longhouse de Uma Belor. Shun est doctorant en biologie anthropologique et travaille avec cette tribu. J'ai eu beaucoup de chance parce que mon séjour avec les Kayans tombait pile pendant Gawai, la fête des moissons. Ce qui veut dire que les enfants, qui sont normalement tous en internat "en ville" étaient de retour et que tous les jours ils y avaient une fête quelque part. Au programme, vin de riz à gogo, manger, manger, danser, chanter, photos, photos... J'ai même eu la chance de participer à un mariage ! Pour la recherche de Shun, nous avons aussi passé une nuit sur un maison flottante sur le gigantesque lac du barrage Bakun. Pour finir, j'ai passé 10 jours avec cette belle companie.
Sur le chemin de Miri, nous nous sommes aussi rendus aux grottes du parc national Niah. Encore une fois, découverte de la jungle et de toutes ses petites bestioles, puis aventure dans les grottes peuplées de chauve-souris et de petites hirondelles, celles dont on mange les nids.
Après Miri, je suis partie, à nouveau seule, pour le Brunei, petit pays étrange dont je n'ai vu que la capitale. Il n'y a pas beaucoup de choses à faire et personne dans les rues !
Ensuite, j'ai pris le ferry pour retourner du côté de la Malaisie, dans l'Etat de Sabah cette fois. Mais tout d'abord, je me suis arrêté, avec Loïc et Mary qui prenaient le même bateau que moi, dans la région autonome de Labuan, une grande île duty free, où il n'y avait pas non plus grand chose à faire. J'ai ensuite passé le reste de mon temps à Bornéo en companie de Loïc et Mary.
Je n'ai pas eu de grand coup de foudre pour Kota Kinabalu, la capitale de Sabah. Nous sommes ensuite allés au parc national Kinabalu. Il y faisait un peu froid, et le temps incertain nous a contraint à passer un aprem à regarder des films. Puis, marche dans la forêt que je trouvais moins étonnante qu'au Sarawak.
Nous sommes ensuite redescendus vers l'océan, pour nous diriger vers Sandakan, une ville qui étonnament a une rue commerçante qui donne l'impression d'être dans n'importe quel centre-ville de France, et un port qui donne l'impression d'être à Evian. A quelques kilomètres de là se trouve le deuxième centre de réhabilitation pour les orang outans que j'ai visité : Sepilok. Alors qu'à Semmengoh, vers Kuching, on trouvait des primates résidents de longue date, à Sepilok on ne trouve que de jeunes orang outans qui seront liberés dans une autre réserve une fois le processus de réhabilitation fini. Nous avons eu la chance de croiser des orang outans qui se baladaient tranquillou dans le parc et de prendre des photos à côté d'eux, ce qui était impossible à Semmengoh.
A Sandakan, j'ai aussi pu échanger mes tours de magie appris à Tioman avec le personnel de l'auberge où je restais. Maintenant, j'ai de quoi vraiment vous impressionner !
La prochaine étape fut Sukau et la rivière Kinabatangan, où nous avons fait plusieurs balades en bateau, tôt le matin, dans l'après-midi et pendant la nuit, pour voir différents types d'oiseaux, des insectes et surtout, des éléphants pygmés !!
Fin de mon échange à Singapour
J'ai adoré Singapour et j'ai adoré NTU et je suis hyper triste de partir. Le campus est magnifique, les cours sont sympas, tout le monde sourit, je n'avais pas beaucoup d'heures de cours. J'arrive vraiment pas à réaliser que c'est fini, je vais partir.
Mes amis sont partis petit à petit. Pour notre dernière soirée tous ensemble, nous sommes allés à l'observatoire de Jurong East où on a pu admirer la lune et Saturne (avec ses anneaux et tout !).
Je me sens vraiment bien dans cette ville et je n'ai pas envie d'en partir. On peut me dire que c'est parce que je n'y ai toujours été que pour une durée éphémère, ce qui est différent que d'y avoir passé des années entières. Mais quand même, je trouve que c'est une ville très agréable à vivre. Tout est sûr, propre, ensoleillé, avec un mix de récent et d'ancien. Et je vous parle même pas des opportunités de voyages !! C'est, pour l'instant, l'endroit au monde où j'ai préféré habiter.
Vais-je revenir et essayer de m'y installer pour de bon ?
Si je pouvais, oui. Mais pour l'instant, j'ai d'autres projets en tête. Tout d'abord, je dois faire mon master. Je veux le faire en France juste parce que les études sont gratuites dans mon cher pays (sinon j'irais ailleurs en un battement de cil). Mais avant ça, je vais voyager avant de rentrer en France le 5 novembre, en commençant par Bornéo et en finissant par l'Australie, sans que je sache vraiment ce qu'il y aura entre les deux.
J'ai découvert il n'y a pas très longtemps le "fabuleux" monde de la traduction en freelance, donc je me fais deux trois sous en faisant des traductions et je construis ma clientèle. A mon grand étonnement, ça marche plutôt bien. Donc je compte faire ça pendant mon voyage.
Puis je prends des cours sur internet avec les plateformes France Universités Numériques et Coursera. Je trouve ça hyper cool et je suis contente de pouvoir m'instruire de choses autres que la chimie.
Pour ce qui est de mes examens, tout s'est plutôt bien passé. J'ai travaillé comme une acharnée pendant 3 semaines sans un seul jour de repos parce que j'avais des montagnes de choses à apprendre par coeur, mais je pense que ça va payer. Je vais avoir les résultats le 30 mai.
Mes parents vont me rendre visite au mois de septembre. Nous nous retrouvons le 9 septembre (anniversaire de mon frère !) à Jakarta. Je suis super contente qu'ils viennent, surtout que je ne m'y attendais pas. J'ai hâte de pouvoir leur faire découvrir l'Asie du Sud-Est et mes plats préférés.
Je n'ai pas été aussi active que je l'aurai voulu sur ce blog (en même temps c'est une bonne chose, parce que ça veut dire que j'étais occupée à d'autre choses), mais j'ai encore des choses de Singapour à partager avec vous. Donc durant les semaines prochaines, je ne serai plus à Singapour mais je publierai quand même des articles sur mon expérience ici.
Une semaine à Singapour en nourriture
Malheureusement, je ne pense pas toujours à prendre mes plats en photo, donc il manquait pas mal de petites perles.
Je me suis donc dit que ce serait cool de prendre en photo tous mes repas pendant une semaine. Comme ça, ça me force à prendre des photos de mes plats, et je peux vous montrer à quel point vivre à Singapour c'est TROP BIEN (si vous aimez manger).
DIMANCHE !
| Le Hawker Centre, là où on s'assoit pour déguster son bon petit plat. Le centre de la vie singapourienne! |
| Mee Goreng! Des nouilles sautées pimentées avec des oeufs brouillés et un petit peu de verdure. $3.5/2.10€ |
LUNDI !
Le midi, je me suis encore rendue au hawker centre où j'étais allée le jour précédent et cette fois le stall végétarien était bien ouvert.
En fin de journée, je me suis rendue à la cantine Food Connection avant mon cours du soir de Environmental health and safety management.
Parmi les dizaines de choix possibles, j'ai décidé d'aller manger au stall nasi padang. Dans les stalls, on a en général le choix entre riz (blanc ou sauvage) et nouilles (de plusieurs tailles différentes) et on fait soit-même son plat.
| Celui là vous le connaissez. Je vous l avais déjà montré dans un article précédent : mon cher plat indien. Je le trouve pas très joli sur cette photo, mais ça ne change pas son goût. $3 / 1,80€ |
| Et puis après ça, je me suis offert un petit sundae chez MacDonald's. $1.20 / 0.70€ |
MERCREDI !
| Le soir, j'ai fait des pâtes au microonde de la façon que je vous ai décrite dans mon article précédent. Donc voici de des coquilles au poivron et à la tomate cerise saupoudrées d'origan ! |
JEUDI
| Roxana et moi sommes même allée à un des supermarchés de la fac acheter des marshmallows pour les faire griller. |
| Ca n'a pas de rapport avec la nourriture, mais je vous met une image de l'ADM Building parce qu'il est troooop beau ! Le toit est recouvert d'herbe et on peut monter dessus. |
VENDREDI !
| En cours de préparation |
| Des boulettes de riz gluant, sésame et algues. TROP BON et pourtant j'aime pas les algues d'habitude ! |
| Des petites bouchées de tofu vinaigré fourré de riz |
| On fait les petites bouchées de tofu |
Mes j'aime/j'aime pas à Singapour
Même si elle s'en approche beaucoup, Singapour n'est pas une ville parfaite. Il y beaucoup de choses que j'apprécie dans cette ville/pays. Au bout de plus de trois mois de vie ici, je dresse pour vous un petit bilan, je vous ai dressé une liste non-exhaustive de ce que j'aime et je n'aime pas à Singapour.
J'aime!
Les Hawker Centres
Ils sont partout, ils sont pas chers: les hawker centres! Aussi appelés food courts, ce sont des centres avec plusieurs petites cantines, chacune avec sa spécialité, qui proposent des plats pas chers, sur place ou à emporter. On achète sa nourriture à un stand de nourriture, pour en général moins de 2€, puis on va chercher sa boisson au stand des boisson, pour environ 60 centimes. En partant, on laisse les assiettes et couverts sur la table et un employé avec un chariot vient tout ramasser. On a aussi le même genre de cantines à la fac. Personnellement, je vais toujours au stand de nourriture végétarienne, qui propose des plats hyper bons. Le truc marrant c'est qu'ici, dans tous les stands de nourriture végétarienne, on a toujours de la fausse viande. C'est comme s'il était inconcevable d'avoir un plat sans viande, même si elle est fausse. Ça ressemble tellement à de la viande qu'au début je me demandais si les stands végétariens étaient bien exclusivement végétariens, mais on m'a affirmé que c'était fait à base de champignons et de soja. Pour être honnête, je sais d'avance que les hawker centres sont ce qui va me manquer le plus lorsque je devrai partir de Singapour.
Les voitures qui s'arrêtent aux passages piétons.
Elles s'arrêtent toutes, sans exception, même lorsque je veux traverser un passage piéton à vélo. C'est très agréable et ça met de bonne humeur. Par contre, comme les voitures roulent à droite, les volants sont à gauche. J'ai donc passé mon premier mois à remercier le passager au lieu du conducteur lorsqu'on me laisser traverser la route. Aussi, les passages piétons ont tous un petit compteur qui indique le temps qu'il reste avant que le petit bonhomme ne devienne rouge (ce qui permet de faire des paries avec soit-même, du genre "J'parie que j'arrive de l'autre côté de la route avant que le compteur n'arrive à 10!". Rassurez-moi, chui pas la seule à faire ça hein?)
Le temps
Il fait beau, il fait chaud. Il n'y a qu'une seule saison: l'été. Pas besoin de s'encombrer avec des manteaux, ici c'est short-débardeur-tongs tous les jours!
La sécurité
C'est la ville/pays la plus sûre du monde. A part au centre ville, tout ressemble à la banlieue des grandes villes française, sauf qu'il y a pas du tout d'insécurité. Je pense que c'est dû au fait que même si on est excentré, il y a plein de petits magasin au pied des immeubles, il y a des gros centres commerciaux, etc. Bref, il est difficile de s'ennuyer et de tourner à la délinquance juste pour le fun. Aussi, dès tout petits, les Singapouriens ont chaque jours des cours de civilité à l'école, où on leur apprend tout ce qui est bien et tout ce qui est pas bien (et y'a rien au milieu). Ou bien, ça peut aussi être parce que les châtiments physiques font partie de la peine des criminels...
Les privilèges d'une cité-Etat
Singapour est à la fois une ville et un pays. Il y a donc absolument tout ce qu'un pays se doit d'avoir, concentré dans une seule ville. Nous avons un parc d'attraction, un aéroport et tous les modes de transport possibles et imaginables pour sortir du pays, des superbes plages, des musées, des zoos, des fôrets...
La tolérance
La population de Singapour est à 70% d'origine chinoise, mais le gouvernement a pris en compte tout le monde lorsqu'il a fallu choisir les jours fériés. Nous avons donc 8 jours fériés par an: deux chinois, deux catholiques, deux hindous et deux musulmans! Et pour chacune de ces fêtes, le gouvernement met partout des grosses affiches souhaitant de joyeuses fêtes à la communauté concernée. D'ailleurs, il est aussi interdit de prêcher dans la rue. Apparemment, cette loi a été instaurée parce que des évangélistes devenaient un peu trop pressants et perturbaient l'harmonie religieuse de l'état.
Tout le monde fait la queue
Les Singapouriens adorent faire la queue. Il y a partout des petits marquages au sol pour guider les queues: devant les stands de hawker centres, devant les bancomats, sur les quais de métro... Quand on arrive à l'arrêt de la navette qui amène les étudiants de la station de métro à la fac, on trouve toujours une longue queue très ordonnée. Tout le monde est sagement à la queue-leu-leu, et ça serpente sur des dizaines de mètres. Je trouve ça vraiment bien parce que personne ne pousse pour rentrer dans le bus et tout se fait dans l'ordre normal, i.e. premier arrivé premier servi, pas de tricherie!
J'aime pas!
L'humidité
Il fait tellement humide que mes feuilles de cours se gondolent chez moi, alors que la clim est censée assécher l'air. Le moindre effort met en nage. Je vous explique pas la catastrophe le matin quand je vais à la fac en vélo.
La clim
Pour contrer la chaleur et l'humidité, le moindre espace fermé est équipé d'une climatisation. Ce qui est bien en soit même, sauf que les Singapouriens ont tendance à régler leurs clims sur des températures bien trop froides. Comme il faut chaud dehors, je suis toujours en short/débardeur/sandales. Sauf qu'il fait très très froid dans les amphis. Même si j'emporte toujours un pull avec moi, je caille dans les amphis. Ensuite, en sortant, la chaleur de dehors est comme un câlin tout chaud. C'est génial pendant 30 secondes, puis ça redevient insupportable.
Les carrefours
Il n'y a pas de rond-points à Singapour. Il y a des carrefours partout. Donc il faut toujours attendre une éternité aux feux rouges
Le métro
Le métro est propre, beau et pas cher. Sauf que les étudiants étrangers n'ont pas le droit à un abonnement mensuel/annuel. Donc il faut payer pour chaque trajet, qui en soit est moins cher qu'un ticket de métro à Paris, mais sur le mois c'est beaucoup plus cher qu'un abonnement navigo. Aussi, on paye en fonction du trajet. Il n'y a pas beaucoup de places assise dans les rames et il n'y a pas du tout de sièges sur les quais! Le réseau est aussi très peu dense. Singapour est approximative 7 fois plus grand que Paris, mais il n'y a que 4 lignes et 69 stations (contre 16 lignes et 303 stations à Paris). C'est vraiment pas top quand on n'habite pas au centre. En plus, les trains sont lents.
Le Prix des Céréales/Nutella
Lorsque je suis partie, j'avais seulement 16 kilos dans mes bagages, alors que la limite était de 23 kilos. j'étais assez contente de moi, car ça voulait dire que j'aurai de la marge pour acheter des choses en Asie et les ramener en France. En fait, j'aurai du en profiter pour apporter des céréales et du nutella. Prix du nutella: 6€ le gros pot. Prix des céréales basiques chocapics ou corn flakes: 3.50€ le paquet de 400 grammes! Si j'avais su, j'aurai pris 5 kilos de céréales et 2 kilos de nutella ;) D'ailleurs, la semaine dernière j'ai craqué et j'ai acheté du nutella!
Le Stress du Hawker Centre
A chaque fois que je vais au hawker centre, je suis un peu prise de panique parce que les aunties (ici on surnomme toutes les femmes agées "aunties", donc tante) ont tendance à être très sèches. C'est pas impoli parce que c'est comme ça qu'on fait ici, mais je me suis toujours pas habituée au "WHAT DO YOU WANT?" dès que j'arrive pour acheter à manger. On a toujours le choix entre riz blanc, riz complet, petites nouilles et grosses nouilles. Je choisis toujours les petites nouilles et les aunties me font toujours répéter deux trois fois mon "small noodles" avant de comprendre (en même temps, il faut que que ça s'appelle "bee hoon" mais que je m'obstine à dire "small noodles"). Puis elles me laissent pas trop le temps de choisir ce que je veux manger, donc je choisis au hasard mes légumes et je me retrouve toujours avec des choses que je ne voulais pas.
Le Manque de Pistes Cyclables
Chaque jour, je me fais frôler par des bus qui roulent à toute vitesse. Même si à Paris, il n'y a pas beaucoup de pistes cyclables, au moins on a les couloirs de bus qui sont assez larges et pas trop fréquentés. Ici, que dalle. En plus les routes sont quasi toutes à 6 voies, donc c'est l'anarchie. Pour couronner le tout, la plupart des cyclistes roulent sur les passages piétons et font chanter leurs petites sonnettes lorsque des piétons ont le culot de leur bloquer le passage. Ça fait qu'en marchant, on se fait dring-dringuer des dizaines de fois par des cyclistes qui pour une raison inconnue, ne veulent pas aller sur la route et préfèrent rouler tout doucement sur le trottoir en harcelant les piétons.
(Edit: j'ai trouvé une piste cyclable cachée qui serpente entre des immeubles et fait quasiment tout le trajet de chez moi à la fac!)
Les Orages
Comme le temps est toujours lourd, on a fréquemment des orages. Parfois très tôt le matin, parfois (comme maintenant) l'après-midi, parfois le soir. C'est complètement imprévisible car parfois il fait très beau et 10 minutes plus tard, c'est l'apocalypse. Souvent, les éclairs sont très près et le tonnerre est hyper fort donc c'est assez effrayant. C'est aussi chiant pour moi parce que je vais à la fac en vélo et des fois je me retrouve coincée par l'orage, donc je suis obligée d'attendre. Ce qui est drôle c'est que après l'orage, les grenouilles et crapauds du canal à côté d'où je vivais avant sortaient et faisaient un boucan pas possible avec leurs "Croaaaa Croaaa!". Ça me faisait marrer parce qu'ils étaient partout et je me demandais toujours où ils se cachaient quand il pleuvait pas.
MAIS, nous venons de sortir d'une période de sécheresse de 3 mois, donc bien que je KIFFAIS le ciel bleu tous les jours, je suis soulagée qu'il re-pleuve parce que ça posait de gros soucis à la Malaisie voisine (et pas à Singapour parce qu'ici on recycle les eaux usées puis elles sont réinjectées dans le réseau - yummy!)
Le racisme banalisé
J'ai mis "la tolérance" dans la catégorie "j'aime". Il faut savoir que cette tolérance cache aussi un racisme complètement toléré. Dans les petites annonces pour des logements, on trouve quasi tout le temps des petites conditions du genre "pour les chinois seulement" (ce qui englobe les gens d'origine chinoise, pas seulement ceux qui ont la nationalité chinoise), ou encore "pas pour les Indiens"!
