dimanche 5 juillet 2026

Parfois...

Parfois j'ai l'impression d'avoir fait un bond dans le début du siècle dernier.

Ici, on achète du tissus et on va chez le tailleur faire des vêtements sur mesure. Ça coûte moins cher que de les acheter neufs dans les boutiques de vêtements prêt-à-porter importés. Les adresses de tailleurs se partagent. Daouda, un tailleur Sénégalais qui a sa petite boutique à quelques minutes de chez moi, est le plus plébiscité dans mon entourage, mais il met plusieurs semaines à confectionner les vêtements.

Ici, on fait fabriquer ses meubles chez le menuisier ou chez les vanniers. Tout est sur mesure. À nouveau, c'est moins cher que d'acheter des produits importés. On voit les menuisiers travailler à l'extérieur, couper, assembler, vernir, dans la poussière des voitures qui passent. J'ai fait fabriquer ma planche à repasser, qui pèse un âne mort, chez un menuisier de mon quartier.

Ici, pour avoir une rallonge simple, je suis allée à la quincaillerie acheter 2 mètres de fil électrique, puis je suis allée voir Monsieur André qui a un petit stand de quincaillerie et réparation dans un coin de l'Avenue de la Paix, et il m'a ajouté les deux prises de chaque côté. 

Ici, les enseignes ne sont pas moulées en plastique ou illumines en néon, mais les devantures et les moindre signes sont peints avec virtuosité et souvent également avec humour. Il est dur de prendre des photos dans la rue ici, les gens n'apprécient généralement pas. Mais j'essaierai de faire un poste dédié aux peintures de magasins.

Quel bonheur de voir tous ces gens s'affairer et construire de leurs mains, et l'artisanat être à la base de la société. Ces centaines d'ateliers, échoppes et boutiques qui disparaîtrait sûrement s'il était plus simple d'importer des objets bon marché. 

Ici, on achète billet avion dans une agence de voyage en ville ou à l'aéroport. Impossible de les acheter en ligne. Puis on nous donne un billet papier remplis à la main avec nom, prénom, heure de vol, et c'est parti pour l'aéroport. On a du mal à croire que ce sera suffisant pour rentrer dans l'avion jusqu'au moment où on y est assis.

Ici, Google Maps ne sert à rien, les rues ne sont pas référencées. La Poste n'existe pas. Les réservations d'hôtel sont à oublier. L'administration est papier. La liste est longue...

J'aime beaucoup cet aspect de la vie au Congo. D'un côté c'est dur. Mais quelle satisfaction une fois qu'on a dompté le système !

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