samedi 25 avril 2026

Haikus

L'eau ne coule pas
L'enfant reprend ses bidons 
Il n'est pas surpris


Maman Mélanie
Brouette casseroles et charbon
Le regard dans le vide


En sac ou au sol
Le camion ne viendra pas
La pluie s'en occupe


Où va son esprit ? 
Yvon le gardien veille
La nuit s'étire

vendredi 24 avril 2026

Malade

Et ce qui devait arriver arriva. Je suis tombée malade. 
Je ne sais pas comment j'ai été contaminée, mais ça fait 3 jours que je suis clouée au lit.

Les dieux de l'électricité jouent en ma faveur. Les deux premiers jours je n'ai eu aucune interruption de courant, et j'ai pu recevoir le flot continu de brise fraîche venant de mon climatiseur nuit et jour. Quelle heureuse coïncidence. Au jour 3, c'est-à-dire aujourd'hui, à 15h l'électricité s'est coupée. Au pire, ça fait 3h à attendre avant que le générateur de l'immeuble se mette en route. Ça va le faire.

Mais au-delà de ce qui se passe dans mon corps, je suis étonnée de vivre une autre épreuve dans ma tête.
Je ne veux pas aller dehors. Je ne veux pas me lever de mon lit. Je suis faible mais j'en serais quand même capable. 
Mais je me surprends à ne pas vouloir même regarder par ma fenêtre. Mes rideaux restent fermés. 
Je me sens si vulnérable.

La chaleur d'abord, qui va s'abattre sur moi comme un marteau.
Le bruit, les regards, les taxis qui klaxonnent et s'arrêtent à mon niveau parce qu'une blanche ça ne marche pas. 
Les nuages noirs et épais des pots d'échappement. 
Les trous dans la route, sur les trottoirs, les enjambées, les glissades, le sable, omniprésent ici non pas à cause de l'océan mais du fleuve Congo, et qui s'engouffre dans mes sandales.
La transpiration qui coule. Pas en marchant, mais dès qu'on s'arrête.
Les mouches, l'eau croupie dans les ornières, l'odeur des égouts à ciel ouvert. 
Les compliments qui n'ont rien de flatteur, les appels "Moundélé !", "Ma chérie ça va ?", "Bébé !".

Je me rends compte que chaque jour j'ai dû puiser une dose de courage pour pouvoir fonctionner, et que je m'y étais même habituée. 
Mais actuellement je n'en ai pas la force. 

lundi 20 avril 2026

Ma ruelle

Ma ruelle, c'est la première à droite après la station Total Mfoa.
Ma ruelle, c'est une impasse, ce qui est bien parce que ça réduit le passage. 
Ma ruelle commence par le stand de cordonnier de Monsieur Aliou. Il est toujours assis sur son stand et il est le premier à m'accueillir quand je rentre du travail. Je ne l'ai jamais vu travailler et je n'ai jamais vu d'outil sur son stand. J'aimerais qu'une de mes chaussures casse pour la lui apporter.
Ensuite il y a maman Mélanie. Elle semble toujours très fatiguée et souris peu. Maman Mélanie cuisine des plats dans des casseroles en aluminium depuis sa parcelle, et elle les transporte par brouette jusqu'à son stand en 3 voyages. Puis elle allume du charbon pour faire des brochettes. Je m'arrête souvent chez maman pour acheter du saka-saka, du madessou (des haricots blancs en sauce) et du riz ou du manioc.
De l'autre côté de la rue il y a Aïcha, qui a une minuscule boutique. À chaque fois que je suis invitée chez quelqu'un, je m'arrête chez elle acheter des boissons fraîches. Souvent elle est occupée à tresser des clientes. Aïcha est vraiment très belle. Son fils ne manque pas de me saluer "Bonjour maman !" dès qu'il m'aperçoit.
Quand on s'enfonce dans ma ruelle, il y a ensuite quelques mamans qui vendent des légumes très fatigués sur la gauche. 
Toujours sur la gauche il y a ensuite l'épicerie d'Abdoulay. C'est une épicerie où on n'entre pas : on demande à Abdoulay, et il passe les objets par une petite trappe. Abdoulay m'a avoué il y a quelques jours avoir écrit mon prénom sur un des linteaux de sa boutique pour ne pas l'oublier et me saluer par mon prénom quand il me voit.
Ensuite à droite il y a parfois des vendeurs de fruits, mais ils me donnent des prix prohibitifs.
Ma ruelle n'est pas pavée, et est jonchée de détritus. 
Encore à droite il y a un nganda, un petit bar de rue avec une salle minuscule et des tables dehors. Il y a toujours du monde assis. Pendant le ramadan, il n'y avait aucune bière en vue. 
Parce que oui, ma ruelle est dans le quartier Ouest-Africain de Brazzaville, donc majoritairement musulman. 
Continuons. 
Un petit peu plus loin à droite il y a l'épicerie d'Aboubakar, seule dans une grande parcelle. Encore une fois, une épicerie où on n'entre pas. Aboubakar est souvent assis par terre dans son épicerie, un pied sous les fesses et une jambe posée à la verticale, le genou contre son visage. Il parle très bas et souris beaucoup. Un jour, j'entends le bruit d'une tronçonneuse : on coupe les arbres de la parcelle d'Aboubakar. Puis, des parpaings sont alignées devant sa boutique, et un mur monte rapidement. Son épicerie se fait avaler par les murs et devient difficilement accessible. Je lui demande, j'ai peur pour son épicerie. Il me dit, avec sa grande pudeur, qu'il fait construire sa maison.
J'alterne mes emplettes entre Aïcha, Abdoulay et Aboubakar, pour ne pas faire de jaloux. 
À gauche il y a ensuite le gentil gardien de la maison de mes voisins qui me dit toujours bonjour avec un grand sourire. J'ai un peu honte parce que souvent je suis perdue dans mes pensées et je suis concentrée pour éviter les trous, flaques, et déchets, et j'oublie de le saluer, si bien qu'il me salue toujours en premier. 
Ma ruelle elle a de l'électricité quasiment toutes les nuits, ce qui relève du miracle à Brazzaville. 
On arrive au fond de l'impasse, où se trouve mon immeuble avec ses grandes portes noires. Mes trois gardiens, Yvon, Gert et Hugues, qui s'alternent et m'accueillent toujours avec une petite phrase pour me faire rire. S'il sait que je suis dehors, Monsieur Yvon m'envoie des messages pour me prévenir s'il va pleuvoir. 
En face de chez moi il y a une parcelle morcellée en petites habitations où il y a toujours de l'animation et du linge qui sèche. Je les observe depuis mon balcon, et j'aime particulièrement le sol de la cour en mosaïque de carreaux de carrelage. 
Au fond de mon impasse il y a une barrière, puisque de l'autre côté il y a les rails et le train qui passe sporadiquement.
Mais il y a une porte dans la barrière. 
En passant cette porte et en traversant les rails, on entre dans une ferme. La ferme est coincée entre les rails et la rivière Mfoa. Je l'aperçois depuis ma fenêtre, mais je ne vois pas les animaux. Par contre je les entends. On croise donc souvent des bêtes dans ma ruelle, transportées par leurs acheteurs. Des bœufs sur des motos, des chèvres entassées dans un kavaki, les motos à remorques.
Dans ma ruelle, quand on passe derrière mon immeuble, il y a aussi une école coranique, et des enfants que j'entends chanter de leurs petites voix aiguës et pleines de ferveur. 
Ma ruelle elle s'appelle la rue Mamadou Diop, du nom de l'ancien maire de Poto-Poto. Mais ce nom ne se trouve nulle part dans ma ruelle, ni sur Google Maps.
Ma ruelle s'est progressivement réchauffée à ma présence. Au début elle était curieuse et parfois méfiante envers cette moundélé femme qui vit seule dans ce quartier qui ne voit aucun autre blanc. Et maintenant elle me protège, me nourri, me repose et m'abrite.
Je me suis absentée pendant quelques jours à pâques, et à mon retour papa Abdoulay m'a dit qu'il ne me voyait plus, et Monsieur Aliou m'a demandé pourquoi je ne venais plus les voir avec maman Mélanie. Alors j'ai compris que je fais désormais partie de ma ruelle.

5h58 à Brazzaville

Il est actuellement 5h58, nous sommes dimanche matin et je suis réveillé depuis 3h30 du matin. Pourquoi ?

Avant-hier, une scène déjà anormale mais qui m’est devenue banale se présente alors que je rentre de soirée vers minuit : il n’y a plus de courant. C’est le quotidien de millions de personnes à Brazzaville. Mais dans ma rue, nous avons généralement du courant la nuit, ce qui est clairement un flex. La journée en revanche nous avons moins de chance.

Donc avant-hier il n’y a pas d’électricité. Soit. Demain matin je suis garantie d’en avoir, puisque nous avons dans mon immeuble un groupe électrogène qui tourne de 6h à 8h et de 18h à 23h. Mes réserves d’eau sont assez basses, et qui dit pas électricité dit pas de surpresseur donc pas d’eau. Mais puisque j’ai cet approvisionnement en électricité garanti, je ne tiens pas mes réserves très à jour.

Mais le matin venu, pas de courant. Je me lave mes cheveux, mes réserves ne consistent plus qu’à environ 10 L d’eau maintenant. Je me rends compte que j’ai fait une grosse erreur à ne pas avoir pris le besoin de réserves plus au sérieux.

Je discute avec les gardiens, qui me disent que nos réserves de carburant sont à sec et que peut être le carburant sera livré dans la journée.

La journée se passe, je reviens vers 17h et je m’enquiers du carburant. Toujours pas. En cause : la caisse de cotisation de l’immeuble est vide ! Je pense à mon eau. Je peste contre le syndic. Je dois absolument avoir de l’électricité. Je passe plusieurs coups de fils pour rallier une cotisation pour acheter du carburant. Le gardien part à la chasse avec deux bidons de 25 L.

Je sors rejoindre mes amis dans un ngandas, un bar de rue. Il y a du courant dans ce quartier de la ville. Je mets mon téléphone à charger avec une dizaine d’autres personnes à la multiprise du bar. Mes amis Congolais rient en disant « Bienvenue au Congo ! Là c’est la pure expérience Brazzavilloise ! ».

Quand je rentre, je croise le gardien avec les bidons vides. Il y a pénurie. Trop de coupures actuellement, les groupes tournent à fond partout dans la ville.

Il m’apporte un sceau d’eau récupéré dans la résidence d’à côté qui a encore son groupe qui tourne pour que je puisse me doucher et utiliser mes toilettes.

Je me couche dépitée. Je sue à grosses gouttes alors que je ne fais pas le moindre effort. Aucune brise fraiche ne rentre par ma fenêtre ouverte. J’éteins mon téléphone pour conserver sa batterie.

La nuit, je me réveille et je me sens vraiment très bien. Il fait frais. Je dis qu’il a dû pleuvoir pour que la température chute autant. Je me sens si confortable. Puis une lumière verte me fait bondir de joie et de mon lit : la clim est allumée ! Le courant est revenu !

Je saute du lit et me précipite dans ma salle de bain. Je remplis ma grosse réserve d’eau, et un bidon de 10L de super secours. Je mets à charger mes appareils électroniques. Je fais le tour de l’appartement pour éteindre les lumières qui se sont allumées un peu partout. Je vide le bac de récupération de l’eau du congélateur, qui avait eu le temps de complètement dégivrer.

Je me rallonge dans mon lit, il est bientôt 4h.

Je tente de me rendormir.

Je sais que je ne vais pas y parvenir.

(et l’ironie magnifique est que dès que  j’ai fermé mon ordinateur, le courant s’est coupé. Et une vague de chaleur n’a pas tardé à me recouvrir lentement)

Gros réservoir vert + bidon de 10 L + bidon de 6L. Les réserves d'eau sont pleines. La leçon est apprise.

Premier dimanche à Brazzaville

Ce tout premier dimanche de mon expérience congolaise, j’ai un but en tête : acheter des légumes.

Pour mes premiers jours ici je loge dans la maison d’accueil d’un couvent et école catholique. La maison est très propre et entourée d’un magnifique jardin. Toutes sortes de personnes passent par-là : invités européens de la paroisse, familles en route pour la RDC, des prêtres, etc. Et moi !

Le jardin chez les sœurs

Tous les soirs j’entends les sœurs chanter de leurs belles voix.

Dimanche, tout cela prend une nouvelle ampleur : nous sommes jour de messe.

La République du Congo est une nation pieuse. La nation a débuté comme république communiste, mais la religion a toujours été sa boussole. Toutes les connexions sont représentées mais la majoritaire est la chrétienne, avec toutes les déclinaisons possibles.

Je suis réveillée par plusieurs messes simultanées entonnées aux micros des églises environnantes. Et quelle ferveur !

Je croise des hommes qui me demandent si je me rends à la messe. Non, je vais juste prendre mon petit déjeuner. Mon athéisme me rend un peu coupable, alors pour me donner bonne conscience et rester dans les bons papiers de ces bons hommes, je leur dis que je viens d’arriver et que je n’ai pas encore trouvé de paroisse.

Après avoir demandé ma confession, ils me disent que je suis au bon endroit et que je devrais m’adresser aux sœurs. Ils me bénissent par de belles phrases poétiques.

Je m’extirpe de cette discussion. Aujourd’hui mon objectif est d’aller au marché Total. Je veux être autonome en nourriture et ne pas toujours manger à l’extérieur car le service est vraiment très long, et la nourriture bien que très bonne est un peu grasse pour une consommation quotidienne. La veille j’ai essayé de trouver des fruits et légumes au marché de Poto-Poto, mais 1h de déambulation dans les rues bondées n’ont pas suffi pour trouver le quartier de la nourriture ! On m’a bien dit que c’était plus loin au fond, mais plus je m’engouffrais dans les entrailles du marché, plus le chemin du retour s’allongeait. Je continuais d’avancer et j’espérais trouver mon bonheur au coin de la prochaine rue, mais au final j’ai capitulé et suis rentrée bredouille.

Qu’à cela ne tienne, j’irai donc tenter le marché Total. Je dois prendre le taxi pour m’y rendre, mais on m’a dit que là-bas le marché je suis garantie de trouver des aliments. Je fais des recherches et comprends que le marché se trouve dans un bâtiment à étages. Je me rends donc au marché Total, et je découvre qu’en réalité est également gigantesque et s’étend sur tout un quartier tentaculaire, bien au-delà du bâtiment de 2 étages.

L’expérience est très intense. Le sol est très boueux à cause des récentes pluies. On m’appelle de tous les côtés. Ça sent fort le poisson grillé. Je tourne en rond pour trouver tout ce que je veux. Je porte une chaussette de contention avec mes sandales suite à ma grosse entorse, et à chaque coin de rue on me demande pourquoi je ne porte qu’une chaussette. Puis le marché me recrache sur l’avenue goudronnée principale, qui est aussi le point névralgique du réseau de bus de Brazzaville.

Je hèle un taxi et rentre chez moi épuisée et absolument trempée, mais contente de bientôt pouvoir manger de petites salades.

L'extérieur de marché Total, le long de l'avenue

Ariane au Congo ! Le départ

Après 12 ans d'absence, il est temps de faire revivre ce blog pour vous partager mes aventures au Congo.

Une expérience radicalement différente sous absolument toutes ses formes. Et une envie de pouvoir me plonger, dans le futur, dans mes écrits congolais avec le même plaisir que je prends avec mes récits singapouriens. 

Ici la toute première photo que j'ai prise à mon arrivée. Ce panneau a depuis été remplacé par un panneau numérique bien plus petit et beaucoup moins sympa. Dommage.

Au moment où j'écris ces lignes ça fait plus de deux mois que je suis installée. J'ai bien pris mes marques. 

En février, quelle tristesse au moment de mon départ ! 

Je sais que c’est mon choix, que personne ne m’a forcée, mais ça ne m’a pas empêchée de ressentir une vague de tristesse, de regret et de nostalgie.

Je savais que je allais vers l’aventure, la découverte, que mon âme va être nourrie de milliers de nouvelles sensations. Mais je savais aussi ce que je laisse derrière moi : un amoureux génial, une vie confortable proche des miens, dans une bourgade paisible et agréable. En somme une existante plutôt enviable. 

Alors pourquoi avoir voulu la laisser derrière ? Cette opportunité est arrivée à un grand moment de remise en question professionnelle, et me permettra, je l'espère, de me rapprocher sur le chemin qui me ressemble.

"La vie appartient aux courageux"

dimanche 19 avril 2026

2 mois de voyage !

(INCOMPLET - c'est la fin de mes brouillons de 2014 excavés en 2026. Quelle joie et nostalgie de les découvrir !)

Aujourd'hui, le 15 juillet 2014, ça fait maintenant 2 mois que je suis en voyage. Et ça fait aussi presque un an que je suis partie de France !

Je n'ai pas fait d'article sur mon blog pour expliquer ce que j'allais faire une fois partie de Singapour. J'ai reçu des questions d'amis qui me demandent, me voyant poster des photos régulièrement sur facebook : " Mais t'es où là ? Tu vis où ? Tu reviens pas ? ".

Réponse :

J'ai décidé de ne pas rentrer tout de suite en France et de rester en Asie pour voyager. Ce qui veut dire que j'ai aussi mis mes études en pause. Je me suis tout simplement rendu compte que le moment et l'endroit étaient parfaits pour que j'entreprène un long voyage : j'étais déjà en Asie, et la période entre la licence et le master est, selon moi, la meilleure pour se lancer une (des?) année(s) sabbatique(s).

Donc me voilà, avec mon sac à dos sur le dos et tout un tas d'affaires en dépôt à Singapour !

Pour vous faire un petit résumé des deux mois qui se sont déjà écoulé :

Je suis partie le 15 mai à Kuching, capitale de l'Etat malaysien de Sarawak, sur le Bornéo malaysien. J'y ai passé une merveilleuse semaine à visiter des parcs nationaux (Kubah et sa magnifique cascade, Bako et tous ses animaux, Kampung Temurang et sa rafflésia !), à aller à la plage, à rendre visite à des orang outans et leurs bébés, à me ballader dans cette charmante petite ville qui offre tant, et à manger !

Puis, je suis partie 3 jours au parc national de Mulu, au nord du Sarawak. Au programme, trois jours de découverte de la jungle, de visites d'immenses grottes (parmi les plus grandes du monde !), de photos des petites bestioles que je croisais, mais aussi de karaoké et de baignades dans des rivières délicieusement faiches. J'ai eu la chance de rencontrer une Américaine et une Australienne passionnées de biologie avec qui j'ai passé ces 3 jours, qui m'ont expliqué des tas de choses sur les arbres et insectes qu'on croisait. C'était vraiment génial !

A Mulu, j'ai rencontré Rick, un jeune Malaysien. Comme je me dirigeai vers Bintulu et que sa famille habite là bas, il a décidé de m'accompagner. J'ai été invitée par sa gentille famille. Ils ne parlaient pas anglais, mais nous avons quand même passé un bon moment. A la demande de Rick, j'ai cuisiné des spaghetti, puis on m'a déguisée dans l'habit traditionnel de leur tribu, les Kayans.

Le lendemain, j'ai retrouvé Shun, que j'avais rencontré dans ma guesthouse à Kuching, et nous nous sommes dirigés à l'intérieur des terres, vers Sungai Asap, où vivent les tribus Kayans. A Borneo, les tribus vivent dans des "longhouses" : une longue maison est séparée en unités (à étage !) où les différentes familles vivent. Nous étions dans la longhouse de Uma Belor. Shun est doctorant en biologie anthropologique et travaille avec cette tribu. J'ai eu beaucoup de chance parce que mon séjour avec les Kayans tombait pile pendant Gawai, la fête des moissons. Ce qui veut dire que les enfants, qui sont normalement tous en internat "en ville" étaient de retour et que tous les jours ils y avaient une fête quelque part. Au programme, vin de riz à gogo, manger, manger, danser, chanter, photos, photos... J'ai même eu la chance de participer à un mariage ! Pour la recherche de Shun, nous avons aussi passé une nuit sur un maison flottante sur le gigantesque lac du barrage Bakun. Pour finir, j'ai passé 10 jours avec cette belle companie.

Sur le chemin de Miri, nous nous sommes aussi rendus aux grottes du parc national Niah. Encore une fois, découverte de la jungle et de toutes ses petites bestioles, puis aventure dans les grottes peuplées de chauve-souris et de petites hirondelles, celles dont on mange les nids.

Après Miri, je suis partie, à nouveau seule, pour le Brunei, petit pays étrange dont je n'ai vu que la capitale. Il n'y a pas beaucoup de choses à faire et personne dans les rues !

Ensuite, j'ai pris le ferry pour retourner du côté de la Malaisie, dans l'Etat de Sabah cette fois. Mais tout d'abord, je me suis arrêté, avec Loïc et Mary qui prenaient le même bateau que moi, dans la région autonome de Labuan, une grande île duty free, où il n'y avait pas non plus grand chose à faire. J'ai ensuite passé le reste de mon temps à Bornéo en companie de Loïc et Mary.

Je n'ai pas eu de grand coup de foudre pour Kota Kinabalu, la capitale de Sabah. Nous sommes ensuite allés au parc national Kinabalu. Il y faisait un peu froid, et le temps incertain nous a contraint à passer un aprem à regarder des films. Puis, marche dans la forêt que je trouvais moins étonnante qu'au Sarawak.

Nous sommes ensuite redescendus vers l'océan, pour nous diriger vers Sandakan, une ville qui étonnament a une rue commerçante qui donne l'impression d'être dans n'importe quel centre-ville de France, et un port qui donne l'impression d'être à Evian. A quelques kilomètres de là se trouve le deuxième centre de réhabilitation pour les orang outans que j'ai visité : Sepilok. Alors qu'à Semmengoh, vers Kuching, on trouvait des primates résidents de longue date, à Sepilok on ne trouve que de jeunes orang outans qui seront liberés dans une autre réserve une fois le processus de réhabilitation fini. Nous avons eu la chance de croiser des orang outans qui se baladaient tranquillou dans le parc et de prendre des photos à côté d'eux, ce qui était impossible à Semmengoh.
A Sandakan, j'ai aussi pu échanger mes tours de magie appris à Tioman avec le personnel de l'auberge où je restais. Maintenant, j'ai de quoi vraiment vous impressionner !

La prochaine étape fut Sukau et la rivière Kinabatangan, où nous avons fait plusieurs balades en bateau, tôt le matin, dans l'après-midi et pendant la nuit, pour voir différents types d'oiseaux, des insectes et surtout, des éléphants pygmés !!