vendredi 24 avril 2026

Malade

Et ce qui devait arriver arriva. Je suis tombée malade. 
Je ne sais pas comment j'ai été contaminée, mais ça fait 3 jours que je suis clouée au lit.

Les dieux de l'électricité jouent en ma faveur. Les deux premiers jours je n'ai eu aucune interruption de courant, et j'ai pu recevoir le flot continu de brise fraîche venant de mon climatiseur nuit et jour. Quelle heureuse coïncidence. Au jour 3, c'est-à-dire aujourd'hui, à 15h l'électricité s'est coupée. Au pire, ça fait 3h à attendre avant que le générateur de l'immeuble se mette en route. Ça va le faire.

Mais au-delà de ce qui se passe dans mon corps, je suis étonnée de vivre une autre épreuve dans ma tête.
Je ne veux pas aller dehors. Je ne veux pas me lever de mon lit. Je suis faible mais j'en serais quand même capable. 
Mais je me surprends à ne pas vouloir même regarder par ma fenêtre. Mes rideaux restent fermés. 
Je me sens si vulnérable.

La chaleur d'abord, qui va s'abattre sur moi comme un marteau.
Le bruit, les regards, les taxis qui klaxonnent et s'arrêtent à mon niveau parce qu'une blanche ça ne marche pas. 
Les nuages noirs et épais des pots d'échappement. 
Les trous dans la route, sur les trottoirs, les enjambées, les glissades, le sable, omniprésent ici non pas à cause de l'océan mais du fleuve Congo, et qui s'engouffre dans mes sandales.
La transpiration qui coule. Pas en marchant, mais dès qu'on s'arrête.
Les mouches, l'eau croupie dans les ornières, l'odeur des égouts à ciel ouvert. 
Les compliments qui n'ont rien de flatteur, les appels "Moundélé !", "Ma chérie ça va ?", "Bébé !".

Je me rends compte que chaque jour j'ai dû puiser une dose de courage pour pouvoir fonctionner, et que je m'y étais même habituée. 
Mais actuellement je n'en ai pas la force. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire