Carapaces vert brillant
Scarabées urbains
Prendre le taxi à Brazzaville c'est la loterie. Après être monté dans les Toyota Corolla vertes, la roue est lancée : Est-ce que ce sera la clim à fond ou il faudra ouvrir la fenêtre ? Avec peut être en option la chaleur du moteur qui cuit les pieds. Rumba ou prière ? Chauffeur mutique ou qui va me harceler pour avoir mon numéro et pour qu'on aille boire une bière ?
Je ne sourcille plus lorsque je dois ouvrir la fenêtre pour ouvrir la portière de l'extérieur parce que celle de l'intérieur est cassée. Je ne suis plus étonnée des manivelles de vitres qui manquent.
En l'absence d'un service de transport en commun très efficace ou clair, le taxi est le moyen de transport le plus utilisé à Brazzaville pour la classe moyenne-haute à laquelle je fais partie avec mon indemnité de volontariat. Il y en a tellement, c'est vraiment comme dans les films américains où on lève la main pour alpaguer un chauffeur et filer pour la somme de 1000 francs CFA (1,52€).
Lors des pénuries les chauffeurs - exclusivement des hommes - font la queue pendant des heures, avec une détermination et une patience qui n'est que le miroir de l'immense précarité de la majorité que vivent la majorité des Congolais. Ici on vit au jour le jour, les économies sont rares. Alors on ne peut pas se permettre d'attendre que la pénurie passe, et on fait la queue toute la nuit s'il le faut.
Circuler en taxi à Brazzaville, c'est un réel confort, mais également un stress : les taxis se faufilent et souvent inventent une troisième voie dans les avenues, klaxonnent, vont vite.
Alors j'ai fait mon choix et j'ai enfin osé revenir à mon amour infini : le vélo. La route m'appartient aussi maintenant.
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