dimanche 5 juillet 2026

Bientôt le retour (temporaire)

Je ferme les yeux et je m'imagine chez moi. Si je ferme la fenêtre et me bouche les oreilles pour bloquer le bruit des groupes électrogènes, des coqs, des enfants qui jouent et des pas sur le sable de la rue, je peux presque y croire. 

Dans moins de dix jours je rentre en vacances en France. Ça me paraît irréel. 
J'ai si hâte de retrouver les miens, retrouver ma maison et retrouver mon univers.

Cette hâte se mélange à une sorte de panique. Mon temps au Congo est compté, et j'ai la sensation qu'il m'a complètement échappé. 
Ce départ momentané me rappelle qu'un jour, dans quelques mois, je quitterai ce pays probablement pour toujours. 
Je roule avec mon vélo et j'ouvre grand les yeux pour essayer de tout voir, je me concentre pour tout entendre. Que me restera-t-il du Congo quand je partirai ? Comment faire pour l'emporter avec moi ? Avec le bon, le mauvais et le meilleur.
Et comment retomber dans une vie sans ces couleurs, cette chaleur, cette proximité, ces imprévus ? Ces leçons permanentes, cette familiarité, cette facilité et aussi ces complications, ces rires, qui me donnent envie de tout noter, tout enregistrer, tout comprendre ? Ces amis formidables, ma ruelle avec toutes ces personnes qui veillent sur moi ?

Je suis également surprise par la manière dont Congo et Brazzaville sont rapidement devenus une normalité pour moi. Je ne me sens pas différente, je ne sens pas d'émotions décuplées. J'ai parfois des moments de réalisation où je me dis "Tu es en Afrique Centrale ! Tu es au Congo ! Quelle folie !". Mais la majeure partie du temps ma vie a pris une tournure plutôt banale. J'aimerais éprouver plus, ressentir ce choc chaque seconde, percevoir toutes les molécules de l'atmosphère congolaise me frapper pour ne jamais glisser vers cet ordinaire.

En attendant, les vacances en France seront douces.

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